Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko

mp

Auteur : Marie Pavlenko / Editions : Flammarion Jeunesse / Nombre de pages : 226 / Prix : 14e

Genre : SF, Dystopie

Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre bientôt. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré. Son peuple, nomade, traque les derniers arbres et vend leur bois pour survivre. Samaa aimerait être chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’homme. Un jour, elle désobéit et suit les chasseurs. Mais le désert a mille visages. Samaa se perd, et fera une rencontre qui changera le destin de sa tribu à jamais.

monavis

Cela faisait un petit moment qu’un roman ne m’avait pas émue. C’est arrivé avec Et le désert disparaîtra de Marie Pavlenko qui a vraiment le don de nous parler de sujets importants avec à la fois de la douceur, et de la force. Le sujet de l’écologie, de la protection de la planète (et des arbres dans ce cas précis) est un sujet qui me touche de plus en plus dans ma vie personnelle. Plus je grandis, plus j’y suis sensible et ce roman est tombé à un moment parfait de ma vie et de l’avancée de ma réflexion sur ce thème. C’est un roman jeunesse important, à mettre entre toutes les mains.

Samaa, une jeune fille de douze ans, vit dans le désert avec son peuple. La vie a pratiquement disparu dans cet univers à la fois réaliste et dystopique. Pour survivre, les hommes de la tribu partent « chasser ». En effet, ils partent à la recherche d’arbres à abattre. C’est le bois des arbres qui aide ce peuple à survivre et qui leur sert à gagner leur vie. Samaa regarde ces hommes partir à la chasse et rêve, elle aussi, d’être chasseuse. Seulement, cette tâche ne peut être effectuée que par des hommes. Samaa ne l’entend pas de cette oreille et décide de partir et de suivre de loin les hommes partis à la chasse. Seulement, ce périple s’avère plus compliqué que prévu et Samaa se perd, se blesse et finit par devoir s’arrêter. Mais pas n’importe où. Elle va se rendre compte que les arbres sont bien plus que ce qu’elle croyait et à quel point ils peuvent les aider d’une toute autre manière.

Et le désert disparaîtra n’est pas un roman bourré d’action. Le rythme est lent. C’est un récit plutôt contemplatif que nous offre cette fois Marie Pavlenko. Personnellement, j’ai adoré cet aspect de l’histoire. Les mots prennent le temps d’être posés, d’être dits. Samaa découvre petit à petit les choses de la nature, les choses de la vie. Et c’est agréable d’être témoin de cette prise de conscience qui, si elle met du temps à arriver, n’en est que plus percutante à la fin de l’histoire. C’est plutôt paradoxal puisque, le récit prend son temps, et pourtant, Marie Pavlenko parvient à aller à l’essentiel dans ce récit. On ne passe pas par quatre chemins, on dit les choses telles qu’elles sont, tout simplement. Je pense que c’est pour cette raison que ce roman m’a touchée de manière assez brutale.

Le personnage de l’Ancienne m’a beaucoup plu. C’est elle la source de la future prise de conscience de Samaa. L’Ancienne connaît la vie d’avant. Celle où les hommes et la nature vivaient davantage en harmonie. Elle sait qu’abattre les arbres, c’est aller vers la mort. Tout le monde pense qu’elle est folle bien-sûr. Et personne ne prête attention à son discours. Samaa a toujours connu les chasseurs et le besoin d’abattre les arbres pour survivre. Malgré tout, son périple dans le désert va faire écho au discours de l’Ancienne et Samaa va doucement comprendre tout ce qui lui paraissait absurde auparavant. Blessée et bloquée dans une trouée, Samaa n’aura d’autre choix que d’être témoin de la nature qui vit autour d’elle, alors qu’elle, est immobile. Elle se met à observer, à écouter, à ressentir. Et en étant attentive, en ouvrant les yeux sur ce qui l’entoure, Samaa va découvrir toute la richesse que nous offre la Terre, les arbres, les insectes… Autour d’un arbre s’articule tout un monde jusque-là inconnu pour cette jeune fille. Nous découvrons ce monde, cette société, ce fonctionnement, souvent invisible à nos yeux qui restent fermés à toute forme de remise en question.

Nous suivons donc Samaa, jour après jour, qui attend sa mort et qui découvre la vie en même temps. Tout ce qu’elle voit lui redonne espoir et elle se dit alors que si elle survit à tout cela, il faudra en parler à sa tribu. L’Ancienne avait raison. Mais comment faire entendre sa voix dans ce fonctionnement patriarcal dans lequel vit son peuple ? Comment une fille de seulement douze ans va pouvoir faire comprendre aux hommes qu’abattre les arbres c’est réduire leur chance de survie ? L’arbre auprès duquel elle a vécu pendant des jours et des jours devient un personnage à part entière du roman, faisant figure de mère qui protège son enfant. L’arbre vit, l’arbre respire, l’arbre saigne aussi.

Vous l’aurez compris, Et le désert disparaîtra est un joli coup de cœur pour moi. Je dois vous l’avouer, j’ai même pleuré à la fin (oups). Je ne vous dévoile pas la conclusion de cette histoire, mais les réactions et les mots de Samaa à la fin de ce récit m’ont bouleversée. Je ne sais vraiment pas pourquoi ce thème a un tel impact sur moi, mais c’est positif. Et les jeunes qui vont lire ce roman, je l’espère, comprendrons les enjeux d’un tel récit.

« Les petites bêtes sont si sérieuses, concentrées, en ligne avec leurs morceaux de feuilles, et si fragiles à la fois. Avec un doigt, je peux en tuer des centaines. Existe-t-il un doigt pouvant tuer des centaines d’hommes ? »

coupdecoeur

mp2

4 commentaires sur « Et le désert disparaîtra, Marie Pavlenko »

  1. Pareil, j’aime beaucoup les autres livres de cette autrice, donc ton avis enthousiaste et ému ne m’étonne guère tant il fait écho à ce que j’ai pu ressentir à la lecture des ses derniers titres. Je n’avais cependant pas entendu parler de cette dernière sortie et tu m’as donné très envie de le découvrir.

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s