Désorientée, Marine Carteron

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Auteur : Marine Carteron / Editions : Casterman / Nombre de pages : 324 / Prix : 16e

Genre : Contemporain

Louise a 18 ans, son avenir dépend de Parcoursup. OU PAS. Et si la liberté, parfois, c’était de choisir ce que personne ne propose ? Louise a 18 ans, et passe le bac cette année. Elle est bonne élève, dans un bon lycée. Ce jour-là, les premiers résultats de parcoursup s’affichent sur les smartphones. Louise est « prise partout ». Mais ce n’est pas le cas de tous ses camarades. Elle voit des gens protester. Elle voit Manon, sa seule amie (sa plus qu’amie ?), s’en moquer royalement. Elle voit sa mère imaginer l’avenir pour elle. Entre rêves de liberté, d’indépendance, désirs brûlants et trouille, une idée lui vient… Et si elle renonçait à ses « vœux » sur la plateforme ? …

monavis

Lorsque les éditions Casterman m’ont proposé de découvrir ce roman, j’ai de suite accepté car le résumé m’a beaucoup parlé. J’ai eu un parcours scolaire compliqué et semé d’embûches… J’ai mis plusieurs années à trouver ma voie. J’ai suivi plusieurs formations différentes avant de les abandonner les unes après les autres, ne me sentant à ma place nulle-part. Je ne savais pas où aller ni quel chemin suivre. Et ça a été très difficile moralement. Ne pas trouver sa voie et se demander où est sa place, je connais. Je suis de la génération avant Parcoursup, mais j’ai suivi les répercussions que ce système a pu avoir pour certains jeunes. Je me suis dit que ce roman allait forcément me parler d’une manière particulière.

Louise est un personnage intéressant, qui sort de ce qu’on peut rencontrer dans les romans young adult. Je pense qu’elle peut plaire et déplaire à la fois. Elle a ce caractère fort, elle s’affirme comme elle peut. Et en même temps, c’est un personnage qui doute énormément d’elle-même, des autres… Louise se pose énormément de questions durant le récit et j’avoue que j’aurais parfois aimé qu’elle fonce dans le tas, qu’elle prenne des décisions au lieu de toujours réfléchir ! C’est ce côté là de Louise qui a pu me gêner et gêner d’autres lecteurs comme j’ai pu le lire dans d’autres chroniques. Je comprends. Pour moi, Louise est un personnage auquel j’ai réussi à m’identifier quant à ses réflexions sur son présent et son avenir scolaire. Par contre, j’ai eu du mal à m’attacher à elle sur le plan personnel

Si l’avenir scolaire et professionnel est un peu le centre de ce récit, l’autrice se concentre aussi sur d’autres choses, plus profondes. La quête de soi va plus loin que ce que Louise va faire après le bac. C’est une réelle découverte de soi qui va s’opérer chez ce personnage qui va se poser des questions sur sa sexualité en plein éveil et sur les sentiments amoureux ou amicaux. L’adolescence est une période riche en émotions diverses et Marine Carteron parvient très bien à nous faire ressentir ces sentiments contradictoires qui peuvent nous habiter à ce moment là de la vie. J’ai aimé qu’on aille plus loin que ce que nous vendait ce roman à la base.

Moi aussi j’ai eu peur de l’avenir. Et c’est pour ça que ce roman a fait écho en moi. Entre ceux qui savent parfaitement ce qu’ils veulent faire de leur vie en sortant du lycée et ceux qui ne savent choisir puisqu’ils veulent faire plein de choses différentes, il y avait moi. Moi qui ne savais absolument pas ce que je souhaitais faire de ma vie. Vous n’imaginez pas à quel point c’est source d’angoisse de se rendre compte que vous êtes complètement perdue au moment où il est temps de faire un choix. On nous impose de faire ce choix et ce, de plus en plus tôt. Cette pression constante sur les jeunes adolescents dès le début du lycée (voire au collège!) est une source de stress intense qui peut nous paralyser. Le personnage de Louise décide de faire un choix que peu de gens osent faire : celui de ne pas choisir. Celui de ne pas rentrer dans les cases dans lesquelles on « accepte votre dossier ». Celui de se laisser porter par soi, par la vie. Si c’est un risque à prendre, j’ai trouvé intéressant d’aborder ce sujet sous cet angle là. Et justement, j’en reviens à mon cas. C’est en prenant mon temps, en me posant et en prenant réellement le temps de réfléchir et de vivre que j’ai fini par savoir ce qui était fait pour moi. Ne pas céder à la pression du temps et de la société peut permettre de se trouver. Une réflexion intéressante.

Pour les autres personnages de ce roman, j’avoue qu’ils m’ont laissée de marbre. La meilleure amie de Louise n’apporte pas vraiment à l’histoire ni à Louise elle-même qui ne fait que souffrir de cette relation amicale qui, j’ai l’impression, ne repose sur pas grand chose. J’ai préféré me focaliser sur Louise et sa problématique pendant ma lecture.

Un mot sur la plume de Marine Carteron. Sa manière d’écrire, singulière et poétique m’a énormément plu. Je ne m’attendais pas à ça en débutant ma lecture. Ce roman ne contient presque pas de dialogues. On est presque sur une réflexion philosophique très joliment contée par l’autrice qui a su faire de ce roman un récit original sur un sujet peu abordé et pourtant si important pour les adolescents aujourd’hui. La fin ouverte est une manière comme une autre de clôturer ce roman. Pour moi, étant donné la thématique de ce livre, il n’est pas illogique qu’il se termine de cette façon. C’est même plutôt compréhensible. Chacun est maître de son destin et je pense que l’autrice a voulu laisser ce destin entre les mains de Louise, son personnage, et non entre les siennes.

troisieme

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