Absurditerre, Azelma Sigaux

asbur

Auteur : Azelma Sigaux / Editions : Rebelle / Nombre de pages : 193 / Prix : 14e

Genre : Science-Fiction

Dans un futur utopique, les humains vivent dans un monde verdoyant, pacifique, généreux et altruiste. Pour éviter que les erreurs du passé ne se répètent un jour, et afin de conserver cette vie idéale pour l’éternité, un programme scolaire est mis en place. Il s’agit de sensibiliser les élèves aux plus grands échecs de l’Histoire. Mais ce futur utopique sera-t-il si rose ?

monavis

Je tiens d’abord à remercier les éditions Rebelle pour l’envoi de ce roman qui a été une petite claque que je vous encourage vivement à découvrir. Je n’avais jamais lu de parutions de chez Rebelle et je ne suis pas déçue par ce premier essai. Absurditerre est court, mais percutant et nous fait nous remettre en question sur des sujets essentiels qui, je trouve, sont trop souvent oubliés.

Dans Absurditerre, nous sommes en l’an 3000, dans un monde complètement utopique dans lequel l’argent n’existe plus ainsi que la religion, la hiérarchie, les nouvelles technologies… Les nouvelles générations de cet univers idyllique sont en totale communion avec la nature et ne font qu’un avec la planète qui est la leur. Ces enfants ne savent rien des erreurs passées commises par les Hommes, ils ne connaissent pas la misère qu’a subi le monde avant leur arrivée. Ils ignorent toutes les catastrophes et l’irrespect des anciennes générations pour leurs semblables et pour la Terre. Bref, ils vivent dans un monde parfait où chacun évolue à son rythme, sans haine, sans jugement, toujours dans la bienveillance et dans la paix. Seulement, un nouveau programme scolaire est mis en place. Les professeurs vont devoir informer les enfants des plus gros échecs des Hommes par le passé. Ils vont devoir leur parler de politique, d’argent, de monarchie, de religion, de chaîne alimentaire, de nouvelles technologies. Bref, tout ce qui a pu diviser les individus par le passé et qui a failli mener la planète à sa détérioration, voire à sa destruction.

Dès que j’ai lu le résumé de ce roman, j’ai su qu’il allait me remuer et m’émouvoir. Nous sommes avec un enseignant et ses élèves et par le biais de petits contes, il leur raconte des concepts passés qui n’existent plus à leur époque où tout va pour le mieux. J’ai aimé la réflexion menée par l’auteure sur le fait de connaître les erreurs qui ont été faites pour ne jamais les reproduire. Doit-on vraiment parler de toutes ces choses à ces enfants qui n’ont jamais connu ces horreurs ? Au départ, je me suis dit que c’était plutôt dangereux. Si ces enfants n’ont jamais vécu ces choses, pourquoi leur raconter ? J’avais peur que ça incite certains à essayer. Finalement, plus j’avançais dans ce roman, plus je me disais qu’il était extrêmement important de raconter l’Histoire des Hommes, leurs erreurs, leurs faiblesses, leurs vices… Connaître le passé permet d’assurer un meilleur présent aussi beau qu’il soit déjà à la base.

J’ai été fascinée de voir l’univers imaginé par Azelma Sigaux dans lequel l’entraide, la générosité, la bienveillance et la communion avec la nature sont les principes de base d’une vie normale. Le contraste avec notre monde actuel est saisissant. Je crois que je vis vraiment dans un monde de bisounours mais je rêve d’une vie aussi simple et aussi apaisante. J’ai été émue de voir les réactions des enfants lorsqu’on leur parle de monarchie, de gouvernements qui décideraient à la place du peuple, des armes qui tuent alors qu’ils ne savent même pas ce que signifie « tuer », de religions qui divisent les Hommes au lieu de les unir, des abattoirs qui puent le sang et la chair, des nouvelles technologies qui font de nous des assistés, de ce besoin des Hommes de conquérir ce qui ne leur appartient pas et de tout vouloir saccager… Cette liste pourrait encore s’agrandir ! On connaît toutes ces choses, on les connaît tous. Est-ce qu’on fait quelque-chose pour autant ? Ces concepts et ces manières de fonctionner sont tellement ancrées en nous (de façon inconsciente) que l’on fini par se laisser vivre en acceptant des horreurs.

L’auteure pousse certaines notions extrêmement loin, je pense notamment au passage sur les nouvelles technologies. Tout ce chapitre est très très extrapolé mais c’est nécessaire ! Bien qu’on en soit pas encore là, on y court les amis ! On est bien partis pour y arriver et c’est triste. J’ai la sensation d’être très moralisatrice dans cette chronique alors que je suis comme tout le monde. Je laisse faire tout ça. Malgré tout, avoir un petit rappel de temps en temps ne fait pas de mal. Un roman n’a jamais aussi bien porté son nom : Absurditerre. Parce que absurde, ça l’est, tout comme certains comportements. Le chapitre concernant la colonisation d’une nouvelle planète par les Hommes est poignant également. Leur projet : étant donné que la Terre se meurt à cause des Hommes eux mêmes, ils veulent coloniser cette nouvelle planète, tuer ses habitants et recommencer une vie sur cette planète qu’ils finiront par détruire aussi à cause de leur inconscience. Sauf qu’en arrivant, les habitants de cette planète leur feront une morale que j’ai trouvé très percutante : retournez sur Terre régler vos problème, réparer ce que vous avez abîmé et ensuite nous parlerons de cohabitation. Concentrez vous sur vos problèmes, sur votre autodestruction, au lieu de vouloir réduire en miettes ce qui ne vous appartient pas.

Cette chronique commence à être très longue ahah. Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce roman. Il aborde des sujets simples mais hyper importants. Un joli message de l’auteure qui, à travers sa plume, a su me transmettre sa colère et son envie de changement. La fin m’a laissée sans voix. Je ne m’y attendais pas du tout. Plus j’approchais de la dernière page, plus je voyais la chose arriver ! Je me disais « oh non s »il-vous plaît » et puis en fait… si. Cette fin, pour moi, veut tout dire et est très révélatrice de la race humaine. Une super lecture.

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