La femme nue, Elena Stancanelli

nue

Auteur : Elena Stancanelli / Éditions : Stock / Nombre de pages : 195 / Prix : 19e

Genre : Contemporain

La vie d’Anna vole en éclats quand Davide la quitte. Incapable d’accepter la séparation, elle pirate son compte Facebook, suit ses moindres mouvements à l’aide de son portable, et scrute de façon obsessionnelle ses échanges avec sa nouvelle conquête. Très vite, Anna ne dort plus et maigrit de façon alarmante. Prise au piège dans ce vertige virtuel de suppositions et de fantasmes, elle décide d’élaborer un scénario implacable pour humilier sa rivale… Dans une langue alerte et caustique, la narratrice dévoile ses comportements les moins avouables et célèbre la renaissance du corps.

monavis

Avant tout, je tiens à remercier les éditions Stock pour l’envoi de ce roman qui m’a laissée un peu perplexe, avec un sentiment étrange. Je suis plutôt mitigée quant à l’héroïne de cette histoire. Je n’ai pas réussi à la cerner, à comprendre ses réactions, à m’attacher à elle.

Davide quitte Anna, alors qu’ils vivaient ensemble depuis plusieurs années. Après cette rupture, Anna sombre dans une profonde dépression. Elle ne fait plus rien, perd le goût de vivre et perds du poids très rapidement et de façon alarmante. Alors qu’elle se laissait complètement aller, quelque-chose de nouveau s’impose à elle : la nouvelle conquête de son ex compagnon. De la dépression Anna passe alors à la paranoïa, à l’obsession, la fixation concernant cette femme. Elle se perd et commence à fouiller dans la nouvelle vie de Davide et quoi de mieux que les réseaux sociaux pour s’insinuer discrètement dans le quotidien de l’homme qu’elle aime toujours ?  En faisant cela, elle trouvera des éléments concernant cette femme, qu’elle appellera « chien » tout au long du roman, traduisant le dégoût et le mépris profond qu’elle ressent pour elle. Elle trouvera des conversations, des photos et de simple obsession liée à la jalousie, elle fera une nouvelle fixation concernant la vie sexuelle de son ancien conjoint avec « chien« . Elle ne pense qu’à ça, ne cesse de les imaginer ensemble lors de relations charnelles. Ça en devient maladif, comme si Anna se faisait du mal presque volontairement.

Une fois encore, et comme souvent dans le sujet concernant les ruptures amoureuses difficiles, l’auto-destruction de l’être quitté est mis en avant. Ça a toujours été un thème que je trouvais intéressant et que j’aimais retrouver dans les romans. Sauf qu’ici, ça ne l’a pas fait. Oui, une personne quittée, malgré l’amour qu’elle porte encore à l’autre, a tendance à vouloir garder ce lien à tout prix en fouillant, en cherchant à connaître la vie de l’autre, même si ça fait mal, c’est plus fort que tout. Mais j’ai trouvé le comportement d’Anna très extrême, parfois choquant. Cette obsession touchant à la sexualité de Davide et de sa nouvelle petite amie en devient gênant, oppressant. Anna instaure une compétition imaginaire entre elle et « chien« , comparant son corps au sien.

J’ai tenté à maintes reprises de comprendre cette folie qui s’insinuait chez ce personnage et je n’y suis pas parvenue. Je pense que ce n’est pas une question de qualité du roman, mais de ma sensibilité personnelle vis à vis du sujet de la rupture et des comportements qui peuvent se rattacher à la douleur

L’écriture de l’auteure reste fluide, agréable bien qu’étouffante à cause de la psychologie du personnage principal. Le côté extrême d’Anna reste tout de même intéressant car ce n’est pas un simple chagrin d’amour qui la fait agir comme ça, mais un réel problème psychologique qui la poussera à aller très loin pour s’immiscer dans la vie de Davide afin de ne jamais rompre ce lien et d’humilier cette femme qu’elle déteste. La haine qu’elle ressent envers cette femme est telle que parfois je trouvais ça très dérangeant.

Le sujet du chagrin d’amour et des réactions désespérées que cela peut entraîner est traité de façon différente dans ce roman et c’est un aspect qui reste intéressant. Malheureusement la personnalité d’Anna et son comportement a rendu ma lecture éprouvante et difficile tant je ne la comprenais pas. Je voulais qu’à un moment elle ait un déclic, qu’elle se relève, qu’elle se batte et ce moment n’est pas venu à mon sens, ou alors trop tard et dans des circonstances qui m’ont déplus. Un roman fort et violent qui aurait pu me plaire davantage si son héroïne avait été plus ancrée dans la réalité et plus pondérée.

manote

11/20


Merci

Résultat de recherche d'images pour

Publicités

2 commentaires sur « La femme nue, Elena Stancanelli »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s