Beaux rivages, Nina Bouraoui

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Auteur : Nina Bouraoui

Éditions : JC Lattès

Nombre de pages : 245

Prix : 19e

Genre : Contemporain

 

C’est une histoire simple, universelle. Après huit ans d’amour, Adrian quitte A pour une autre femme : Beaux rivages est la radiographie de cette séparation. Quels que soient notre âge, notre sexe, notre origine sociale, nous sommes tous égaux devant un grand chagrin d’amour. Les larmes rassemblent davantage que les baisers. J’ai écrit Beaux rivages pour tous les quittés du monde. Pour ceux qui ont perdu la foi en perdant leur bonheur. Pour ceux qui pensent qu’ils ne sauront plus vivre sans l’autre et qu’ils ne sauront plus aimer. Pour comprendre pourquoi une rupture nous laisse si désarmés. Et pour rappeler que l’amour triomphera toujours. En cela, c’est un roman de résistance.

monavis

J’avais fait la découverte de ce livre grâce à Lylia de la chaîne youtube Lire avec Lylia. Ce livre a été un énorme coup de cœur pour elle et le sujet, la rupture amoureuse, est un sujet qui m’intéressait beaucoup. Je me suis donc jetée dessus !

A. et Adrian se sont aimés pendant huit ans. Bien qu’il s’agissait d’un amour à distance, lui à Zurich, elle à Paris, ils s’aimaient d’un amour passionnel. Mais voilà, un jour, Adrian quitte A pour une autre. Nina Bouraoui nous livre alors un récit sur la séparation, sur la perte de l’être aimé et sur la difficulté que l’on a parfois à rebondir après un abandon.

Bien qu’assez douloureuse, Beaux rivages a été une excellente lecture. Avec sa magnifique plume, Nina Bouraoui nous raconte à travers cette femme, ce que l’on peut ressentir après une rupture. C’est une analyse du comportement après une séparation difficile et tout ceci est décrit avec beaucoup de justesse. La rupture, c’est universel, ça touche tout le monde, et chacun y réagit à sa manière. Dans le cas de la femme de ce roman, il s’agit plutôt d’autodestruction et c’est ce qui m’a touché. Celui qu’elle aime la quitte pour une autre, et c’est l’enfer qui commence. Elle ne fait que de penser à lui, se pose tellement de questions sur elle, sur eux deux, qu’elle sombre petit à petit dans une dépression. La rupture régit complètement sa vie et elle fait de sa souffrance son lot quotidien venant parfois à se faire du mal tout à fait volontairement. En effet, la femme pour laquelle Adrian l’a quittée tient un blog où elle y raconte sa vie, ses pensées, évoquant parfois la femme que nous suivons dans le roman. Et tous les jours elle ira consulter le blog de cette femme, sachant pertinemment que ça n’arrangera rien, que cela rendra les choses encore plus difficile, mais c’est plus fort qu’elle.

L’autodestruction est vraiment flagrante à travers ce personnage. C’est comme si elle s’infligeait cette souffrance volontairement, comme si elle était devenue dépendante de cette souffrance, qu’elle ne pouvait plus s’en passer. J’ai trouvé ça extrêmement réaliste. Nina Bouraoui évoque les travers les plus communs à tous à la suite d’une rupture : la dépression, ressasser sans cesse son histoire passée, la rivalité entre deux femmes, la jalousie, l’impossibilité de couper les ponts une bonne fois pour toute. Cette volonté de ne jamais vouloir lâcher prise et de passer à autre chose est une chose très douloureuse et qui empêche cette femme de vivre sa vie.

« Je l’aimais encore dans ma détestation. Je vivais une seconde histoire opposée à la première, mais il demeurait près de moi tel un monstre dont on ne peut se passer, la souffrance étant aussi une addiction et un plaisir masqué; m’en défaire ou me guérir de lui serait revenu à y renoncer. »

Après la dépression et la souffrance vient le moment de l’acceptation. Cette femme se résigne petit à petit et l’arrivée d’un nouvel homme dans sa vie la sauvera de ce cercle vicieux duquel elle se trouvait prisonnière. Car c’est comme ça que cela fonctionne. On aime, on se sépare, on souffre, on accepte, puis on rencontre quelqu’un d’autre. C’est le schéma classique de la vie amoureuse et même si nous en sommes tous conscients, lorsque l’on est quittés, nous pensons systématiquement que notre vie s’arrête là et que jamais nous nous en remettrons. Le fait est que si, on s’en remet toujours et j’ai aimé constater l’évolution du personnage après les moments affreux qu’elle a dû endurer. Le bonheur qu’elle pensait à jamais perdu semble pouvoir être à nouveau envisageable avec cet homme, Sacha. Mais tout cela reste toujours très réaliste, car le personnage ne passe pas de la tristesse à l’épanouissement total. Non, ça prend du temps.

« On se dit toujours que quelqu’un nous sauvera alors qu’il serait plus juste de se sauver soi avant de profiter d’un triomphe qui viendrait des autres. »

Beaux rivages n’a pas été le coup de cœur que j’attendais à cause de la longueur de la première partie et également à cause d’une deuxième partie bien trop courte à mon goût et pas assez exploitée alors que cela aurait été intéressant. Nous nous concentrons énormément sur la détresse et la souffrance de A et pas assez sur sa reconstruction. Dommage ! Malgré que ce livre donne de l’espoir et nous montre qu’il faut toujours y croire, le message n’est pas encore assez fort je trouve. J’aurais souhaité que l’auteure développe cette partie où l’on se rend compte qu’aucune rupture n’est insurmontable et que rien n’est jamais perdu.

La plume de l’auteure est simplement sublime, là dessus je n’ai rien à dire. Beaucoup de phrases m’ont énormément touchées et ont même parfois fait échos en moi. Je vous conseille ce joli roman plein de vérité.

manote

15/20

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3 commentaires sur « Beaux rivages, Nina Bouraoui »

  1. Je passe mon chemin parce que niveau moral j’ai l’impression que c’est pas idéal pour ne pas se mettre à déprimer et parce que j’ai du mal avec le style de l’auteur. J’ai essayé deux de ces livres que j’ai abandonné, sans savoir expliquer pourquoi…

    Aimé par 1 personne

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