Correspondances de moi à vous

screenshot_2016-10-24-15-02-52Auteur : Mélanie Perroux

Édition : Persée

Nombre de pages : 95

Prix : 11,70

Genre : Contemporain

Qui de nos jours écrit encore des lettres ? Qui prend le temps, lors d’un voyage en train, d’observer consciencieusement l’horizon qui défile vers un ailleurs qui deviendra ici ?

Moi, et peut-être, après cette lecture, Vous.

Ce livre de voyage est une correspondance avec un parfait inconnu, qui emmène la narratrice à la découverte d’une autre inconnue : la femme en elle.

L’auteure joue avec les mots et les idées préconçues. Peu à peu une philosophie du quotidien transparaît, qui transcende la réalité perçue pour entrer dans des questions vécues entre France et Québec.

monavis

Avant de vous donner mon avis, je tiens à remercier une nouvelle fois Mélanie Perroux pour m’avoir envoyé son roman. Merci à elle de s’être intéressée au contenu que je partage sur mon blog et surtout, merci de sa confiance. Lorsque Mélanie Perroux m’a contacté, elle a qualifié son roman « d’ovni« . Et je suis plutôt d’accord avec elle, ce livre est un ovni, mais comme j’ai pu lui dire, un ovni qui m’a plu.

Correspondances de moi à vous, comme son titre l’indique, est composé uniquement de lettres. La narratrice, une passionnée de voyage d’après ce que j’ai pu lire, pose sur papier ses pensées, sa vision du monde et tout cela dans le but de les envoyer à un parfait inconnu dont-elle n’attendra aucune réponse.

 » A l’heure où les e-mails nous permettent de nous dire toujours plus de rien en un peu moins de temps, j’avais envie de rencontrer quelqu’un. Drôle de rencontre, puisque finalement, je n’inscris pas d’adresse de retour. Ainsi, c’est à sens unique. »

J’ai trouvé l’idée de ces lettres sans réponses très intéressante. En effet, parler à un inconnu et lui livrer ses pensées les plus intimes et profondes est toujours plus facile que de faire face aux personnes proches de nous. La narratrice n’écrit ces lettres que dans un seul but, partager, faire voyager ses idées et ses réflexions en espérant qu’elles toucheront son destinataire, quel qu’il soit.

 » Une lettre n’a de sens qu’à partir du moment où elle voyage et où une personne la lit, la dévore, et sent que cela parle en elle, dans ses entrailles. « 

J’ai trouvé un côté assez philosophique à ce roman. L’auteur, dans son procédé d’écriture, pose souvent des questions directement à ce mystérieux destinataire, et indirectement, à nous lecteurs. Cela nous pousse à de petites réflexions concernant plusieurs thèmes abordant le quotidien.

 » Se pourrait-il que les interprétations du cœur soient fausses, puisque les informations de départ sont peut-être erronées ? Alors serait-il possible que, pensant aimer, nous haïssions donc ? Ceci expliquerait bien des guerres. »

La narratrice ne pose pas uniquement des questions à cet inconnu et à nous lecteurs mais également à elle-même, très souvent. A travers ces lettres, envoyées dans le désordre, la femme du roman semble finalement se remettre en question, effectuer une introspection de sa propre vie, de sa propre vision du monde. Au fil des mots qu’elle écrit, peut-être se redécouvre t-elle autrement ? Peut-être qu’elle prend conscience de nouvelles choses auxquelles elle n’avait jamais pensé avant ?

 » Me voient-ils aussi belle que mon reflet me le renvoie ? Se projettent-ils sur moi tels des frères humains pour se percevoir comme moi, qui me regarde en filigrane à travers la vitre de plexiglas ?« 

Un des thèmes les plus abordés a été la nature. J’ai trouvé que c’était un élément central du roman et qui revenait énormément dans la majorité des lettres. Cette femme, étant une grande voyageuse, à travers ses lignes et ses mots, nous faire découvrir différents paysages, j’ai beaucoup aimé.

« J’aime voyager en automne ou en hiver. En automne, les arbres sont flamboyants, étincelants, jaunes crémeux sur fond d’orge, ocre sur fond vert, rouge intense sur fond de sapins noirs. »

Les pensées de cette femme nous sont livrées lettres après lettres et sans réelle chronologie, ce qui parfois, a pu me perdre durant ma lecture je dois l’avouer. Ce sera le seul petit bémol pour moi concernant ce roman. Pour autant j’ai tout de même apprécié toutes ces pistes de réflexion que nous propose l’auteur à travers ces écrits de voyage. J’ai apprécié la narratrice, cette femme qui voyage sans arrêt. Elle m’a finalement apparut comme étant plutôt solitaire, se livrant à ses pensées, tantôt joyeuses tantôt nostalgiques, seule face à ses bouts de papier, à ses billets de train sur lesquels elle pose ses mots.

« Écrire, c’est finalement comme parler à sa tête, au papier. »

« Écrire est un processus solitaire d’un individu qui parle à des arbres morts.« 

C’est un joli petit récit de voyage que nous livre Mélanie Perroux avec Correspondances de moi à vous. L’auteur a une manière d’utiliser les mots et de jouer avec eux très intéressante et que je n’avais jamais pu lire dans un roman auparavant. Un style d’écriture très singulier pour un récit qui l’est tout autant. Un récit de pensées partagées sans rien attendre en retour, simplement se livrer avec beaucoup de spontanéité et en espérant toucher tous les destinataires de ces lettres d’une façon ou d’une autre.

manote

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